Rencontre inopinée à Santorin

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Il était une fois, une Batmanon et son Joker en voyage sur une île paradisiaque en Grèce. Ce jour là, nos deux héros étaient claqués après avoir gravi un volcan sous 40°C la veille, alors, après avoir fait bronzette autour de la piscine, ils ont décidé de partir en excursion dans le coin, à pattes. D’après la réceptionniste de l’hôtel, il existait une plage tout en bas de la route où il y avait très peu de monde car « ce n’est pas vraiment une plage pour les touristes ». Il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de partir l’explorer.

Nous voilà donc en train de descendre cette route de béton sinueuse qui se glisse entre les vignes asséchées et les monts de roches. Sur notre chemin, quelques voitures, quelques ânes aussi, mais surtout, rien. Des étendus de vide, et cette route qui continue de descendre et descendre et descendre au point qu’au bout d’une bonne heure, on commence à se demander où se trouve cette foutue plage.

Mais ce qu’il y a de bien avec le Joker, c’est qu’on ne s’ennuie jamais. Alors on cause, on a nos éternels débats sur la vie, le Monde, les films, la bouffe.. Bref! On cause. Et pendant qu’on cause, au détour d’un virage, je remarque un truc qui active instantanément tous mes réflexes de flippette de la mort. Il y a une maison, un peu surélevée sur un monticule de terre au bord de la route. Jusque là rien de très étonnant, bien que cette maison soit seule au milieu de nulle part. Un grillage en fait le tour, le portail est ouvert. Et il y a surtout un énorme chien penché par dessus le grillage.

J’ai pas peur des chiens en général. Mais comme tout, je suis une prudente de l’extrême et ce chien là ne semble pas du tout sympathique. Immense, vautré sur le grillage, aboyant sans s’arrêter, la bave pleins les babines, il me semble tout de même bien agressif. Et moi, je ne suis armée que de mon short et de mon chapeau. Je commence à ralentir en faisant mes yeux de petite fille apeurée et en alertant mon compagnon toujours lancé dans sa tirade (surement un truc comme moi les bretons ont tout compris). Il me dit « Voyons, ce n’est qu’un chien ». Certes, mais le portail est grand ouvert, et si le chien s’en rend compte, je sens qu’on va devoir se taper un petit sprint en tongs sur une route sinueuse et perdus au milieu de nulle part.

On s’approche de plus en plus du chien. Il aboie et grogne de plus en plus fort. Je suis de plus en plus effrayée, je ralentis, j’ai le cœur qui bat, bref, je suis dans un degré de flippe élevé et le Joker continue de me rabrouer « Mais avance, voyons, il ne va pas venir, c’est normal qu’il aboie…Etc..Etc ». Soudain, je me fige. Je suis pétrifiée. Impossible de bouger. Un nouveau personnage vient de faire son entrée.

En effet, voilà qu’au dessus du chien (littéralement au dessus) est apparu une tête. Une tête que je hais par dessus tout. Puis un immense cou. Et puis tout le reste de son corps. Il n’en fallait pas plus pour que j’éclate en sanglots de peur, telle une enfant. Le Joker ne comprend rien jusqu’à ce que je braille: « AaaaHAAAAAHAaaahah, il y a… »

Une autruche. 

UNE PUTAIN D’AUTRUCHE !

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Elle est là, elle déploie ses ailes de dinosaure des temps modernes, elle a son visage de piaf antipathique. Ce qu’il faut savoir c’est que j’ai peur de trois choses : les ongles, les voitures et les oiseaux. Et que quand on a peur des oiseaux, l’Autruche, c’est un peu le summum du flip, la cerise sur le gâteau. Alors, quel était sincèrement le pourcentage de chance pour que je me retrouve nez à nez avec une autruche, un chien agressif et mon mec sur une route de montagne grecque? Surtout que là, on a aucune chance de gagner le sprint.

Le Joker comprend tout de suite le drame et éclate de rire tandis que mon instinct de survie prend le dessus sur ma peur et que je cours comme une dingue le plus loin possible de la bête. S’ensuit plusieurs minutes de rires mouillés de larmes, et d’une descente bien plus rapide vers la plage car « Imagine s’il y en a d’autres! ».

Quand il a fallut rentrer, c’était bien évidemment la seule route possible. Impossible pour moi de reprendre le risque de me faire courser par un volatile super rapide. Me voilà donc à faire du stop sur les routes grecques. Après plusieurs minutes, des livreurs de bières nous font monter à l’arrière de la cargaison, sans bâches, sans sièges et sans ceintures, sur des routes sinueuses. Casse la ne tienne, c’est mieux que d’affronter le monstre. Nous sommes donc embarqués à l’arrière du camion, nous accrochant à n’importe quoi, les packs de bières basculant d’un coté puis de l’autre à chaque virage. Au moment de passer devant la maison, les yeux planqués sous mon chapeau, le Joker m’annonce que le mec en a carrément deux dans son jardin. Quelle folie!

Nous sommes rentrés à l’hôtel, on a bu un coup et au final, cette histoire on en rit à chaque fois qu’on la raconte. Elle est devenue mythique parmi les mythiques, la rencontre la plus folle de notre aventure. Nous savons maintenant que j’ai plus peur des oiseaux que des voitures, cela fait bien rire mon mec.

Et toi c’est quoi la rencontre la plus dingue que tu as faite en voyage?

PS: La plage? C’était un amas de déchets avec des chats de gouttières partout. Pas un carré de sable sans déchets. Le comble.

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