Sur la route, je pense à toi.

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« Il vit en toi,
Il vit en moi,
Partout où tu vas,
Toujours il est là,
Dans ta vérité,
Dans tes pensées,
Écoute sa voix,
Il vit en toi. »

Salut mon pote ! Voilà maintenant trois années que tu es parti pour le dernier des voyages. Le temps me semble complètement distendu, je n’ai pas vu ces trois années filer et pourtant j’ai ressenti ton absence chaque jour, s’écouler grain de sable après grain de sable. C’est ce qu’il y a de fou avec le temps, et ce dont les plus anciens et les plus aguerris nous préviennent depuis tout petit: le temps ne s’achète pas, il file entre nos doigts en quelques secondes.

Ici la vie avance, le chemin continue de se tracer, teinté de virages, de montées parfois difficiles et de chutes vertigineuses. Mais dans l’ensemble, j’espère que tu seras heureux d’apprendre que je suis heureuse. De toute façon, tu dois bien t’en rendre compte ton petit cul vautré sur un bout de nuage à observer le monde de ton œil sensible.

Qu’est-ce qui a changé depuis ton départ? À part le fait que le Monde n’est toujours pas guéri de ses maux, s’en crée de nouveaux en oubliant les leçons des ses anciennes erreurs? Moi, j’ai changé. Et le pire, ma très chère gueule d’ange, c’est que tu y es pour quelque chose figure toi! Et oui, même une fois passée la porte, tu continues d’être une source d’inspiration pour tes proches, ma pomme en tête de liste.

Depuis j’ai pris la route. Oh! Cela n’a pas été un changement radicale, comme tu le sais, on parlait souvent de routes ensemble, de tous ces endroits du Monde à découvrir, mais à l’époque j’étais bien trop cantonnée à mon confort, mon shopping et ma guitare pour oser pointer l’orteil trop loin de mon nid. Mais voilà, depuis tu es parti, et ce grand départ, cette vague monstrueuse qui s’est abattue sur ma vie m’a emporté et, malgré le choc, m’a permis, au bout d’un certain temps, de prendre mon envol.

J’ai terminé mes études. J’ai quitté cette ville qui ne me convenait plus, j’ai embarqué mon amoureux dans ma poche, et j’ai recommencé mon nouveau départ à zéro. Je bosse, toujours pour quelques sesterces on ne va pas se mentir, mais chaque sesterce va dans mes aventures. Fini le temps où bonheur rimait avec paire de chaussures neuves tous les mois, quantité de tops et de robes à empiler dans une armoire close. Maintenant, j’investis dans ma vie. Je pars.

De plus, je tente tant bien que mal d’arrêter d’être une aigrie sous mon côté rayon de soleil. Avoir une pêche tonitruante chaque matin cache souvent le fait qu’on est parfois vide à l’intérieur, tout creux. J’ai décidé de combattre le mal par son noyau, et de continuer à rester bienveillante. Voir même de le devenir encore plus! Et du positivisme bon sang! Alors, ce n’est pas simple tous les jours, surtout ceux où ton absence marque le ciel d’une couleur dégueulasse. Mais je suis bien accompagnée, j’ai de nouveaux yeux sur le Monde et sur les autres.

En fait, je n’ai fais que t’emprunter tes manières de faire. Voir le bon chez l’autre, essayer de ne pas s’attacher aux choses, être bienveillant envers les autres, tout en restant casse pied quand il faut, ne plus s’effacer, sourire, émaner de la joie et de l’amour, écouter, soutenir, être curieux de tout, s’émerveiller et combattre le noyau creux qu’on a au fond du ventre!

Alors quand je suis sur la route, tu es partout autour de moi. Dans ces moments là plus encore que dans les autres, car ce sont mes moments de liberté, ceux où je respire pour de vrai, où je m’époumone de joie, où je me sens vivre à toute allure! Tu me disais qu’il fallait fuir le train train quotidien le plus possible, que parfois il fallait savoir aller à contre courant. Je prenais tes mots pour un discours d’adolescent perdu, en fait, tu n’étais pas perdu, c’était moi.

Alors, mon Drius, mon pote du passé toujours vivant dans mon présent, je ne sais pas ce que tu en penses de là où tu es, mais sache que moi, je te remercie. Mon cœur crève d’envie que tu sois encore là et que cette mauvaise blague de la vie n’ai jamais eu lieu, mais sache que même ton départ, ta si longue absence, m’aide chaque jour à prendre conscience des jolies choses que le Monde a à offrir. Je continue d’être assidue à tes leçons, et tu vivras toujours à travers mes aventures, mes vérités et mes pensées.

Merci d’avoir vécu avec moi toutes ces choses. T’avoir connu est une de mes plus grandes richesses.

La frangine à la casquette de gavroche trouée,

Batmanon.

Sur la route

Crédit photo: Antoine Yvard ©

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3 réflexions sur “Sur la route, je pense à toi.

  1. waouh, tu me fout les larmes aux yeux, tu as tellement de soif de vivre qu’on ne peut qu’apprécier te connaitre ! et si la source de tout cela, c’est lui, alors merci à lui 🙂

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